Comme chaque année, la Journée internationale de la poésie se fête en beauté, de la plus belle des manières et rimes.
Au Maroc, comme partout dans le monde, c'est aussi une occasion pour les magiciens du verbe de relancer la réflexion pour repousser les limites de l'audace poétique et évoquer l'apport et la valeur de la poésie féminine.
Mais au-delà de la valeur certaine de la poésie féminine au Maroc, il convient de souligner d'emblée que la femme poète, de par sa nature profondément sensible et émotive, donne aux mots et aux choses une toute autre connotation, souvent absente de l'oeuvre ''Masculine''.
Rien d'étonnant alors de voir que la poésie féminine est toujours empreinte d'optimisme et surtout de passion, excluant de son lexique toutes les allusions au mal et à la bêtise humaine.
Comme dans toutes les oeuvres de création, la poésie féminine est aussi traversée de questionnements existentiels, entre autres, comme le note le poète Mohamed El Mestaoui, à propose notamment de la poésie féminine Amazighe, qui souligne que ce genre est très souvent préoccupé par l'évocation de certains phénomènes de la société comme par exemple le mariage forcé des filles ou encore la violence gratuite contre les femmes.
Mais si très souvent les poétesses amazighes sont restées anonymes, leurs oeuvres n'ont pas, en revanche, subi le même sort grâce aux interprétations comme celles, entres autres, de Raïssa Tihihite Lakbira qui est connue et reconnue aussi pour ses contributions poétiques qui évoquent souvent les souffrances et les tribulations des femmes dans le Souss.
Ce qui n'est pas le cas dans les créations poétiques ''Rasma'' ou encore ''Al Wakdi'' dans le sud-est du Royaume, une poésie qui au-delà des questionnements existentiels incontournables, est généralement festive et chante la vie.
Par ailleurs, le registre de la poésie en arabe classique compte une pléiade de poétesses qui ont acquis aujourd'hui une reconnaissance toute méritée comme, entre autres, Aïcha Basri, Malika Assimi, Wafaa Laamrani, Habiba Soufi, Ikram Abdi ou encore Touria Ikbal.
Evoquant les itinéraires et spécificités aussi divers que riches de certaines de ces poétesses, le critique et journaliste Mohamed Aâloud note que la poésie évoque souvent le changement chez Malika Assimi, la solitude et le déchirement, chez Wafaâ Laâmrani, l'aliénation chez Ikram Abdi, le questionnement existentiel chez Aïcha Basri, ou encore la perte chez Fatiha Mourchid.
Mais au final, la poésie féminine dans toute sa diversité et richesse au Maroc reste avant et après tout un hymne à la vie et une exaltation de la passion.