
ALGER (AP) - Le ministère algérien des Affaires étrangères a fait part lundi soir de sa "satisfaction" après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 1754 sur le Sahara-Occidental, qui appelle les parties à négocier directement.
Cette résolution "réaffirme que la solution à la question du Sahara-Occidental réside dans la satisfaction du droit à l'autodétermination du peuple de ce territoire", note le ministère algérien dans son communiqué diffusé lundi soir.
La résolution, adoptée à l'unanimité, appelle le Maroc et le Front Polisario à ouvrir des discussions directes, pour la première fois depuis 32 ans, sur l'avenir du territoire qu'ils se disputent depuis 1975.
Le Conseil a aussi renouvelé une nouvelle fois pour six mois le mandat de la MINURSO, la Mission des Nations unies chargée de l'organisation du référendum, qui expirait lundi.
"Nous sommes prêts à nous engager maintenant, mais pour quelque chose de crédible", a déclaré Ahmed Boukhari, représentant du Polisario à l'ONU. Selon lui, Rabat "voulait forcer la main au Conseil pour qu'il n'entérine que leur projet, qui dit que le Sahara-Occidental appartient au Maroc sans référendum". Et il a jugé que toute discussion était condamnée à l'échec si Rabat n'acceptait pas la tenue d'un référendum sur l'indépendance.
L'ambassadeur du Maroc El Mostafa Sahel a pour sa part déclaré qu'il "y aura des réponses appropriées à la question de l'autodétermination". Sans évoquer la possibilité d'un référendum, auquel Rabat s'oppose fermement: le Maroc a présenté à l'ONU un plan d'autonomie du Sahara-Occidental, au terme duquel Rabat garderait la souveraineté sur le cette ancienne colonie espagnole, annexée en 1975.
Une guerre a opposé Rabat au Polisario jusqu'en 1991, date du cessez-le-feu sous égide de l'ONU, qui a appelé à un référendum d'autodétermination. L'ancien secrétaire d'Etat américain James Baker a tenté des années de régler la querelle sur ce référendum, avant de jeter l'éponge en 2004.
Dans son communiqué, l'Algérie, qui soutient le Polisario, "se félicite du sens élevé des responsabilités démontré" par le Conseil de sécurité, et "salue la constance remarquable ainsi manifestée par l'Organisation des Nations unies au regard des exigences de la décolonisation".
Alger forme le voeu que le Maroc et le Front Polisario adhèrent à la démarche prescrite par le Conseil de sécurité, et saisissent l'occasion qui leur est ainsi offerte pour s'engager de bonne foi dans un processus sérieux de règlement du conflit qui les oppose.
Côté marocain, le ministre délégué aux Affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, a estimé que cette résolution "confirme l'appui de la communauté internationale" au plan d'autonomie proposé par Rabat, et se dit donc "totalemet satisfait", ajoute le ministre dans une déclaration diffusée par la MAP, l'agence de presse marocaine.
Quant aux Etats-Unis, ils estiment que le règlement du conflit du Sahara-Occidental serait un plus pour la lutte anti-terroriste au Maghreb, car permettant de lever l'obstacle numéro un à la coopération entre Alger et Rabat. AP